Après
la CNIL, c’est un expert en sécurité qui découvre des transferts de
données chiffrées, entre Windows 10 et les serveurs de Microsoft, qu’il
est impossible d’identifier ou de désactiver.
C’est une nouvelle polémique qui émerge concernant les
données collectées par Windows 10. Et c’est Mike Patterson, le PDG de
la
société de sécurité Plixer,
qui pointe des transferts de données qu’il est visiblement très
difficile de désactiver dans les paramètres du tout dernier système
d’exploitation de Microsoft. Après la
CNIL qui accusait Microsoft, en juillet dernier, de collecte abusive de données
ce sont les experts en sécurité qui semblent décidés à pointer les
travers du système dont la mise à jour gratuite a fait la notoriété.
Des données envoyées toutes les cinq minutes
Le premier
constat de M. Patterson était d’abord qu’un sacré paquet de données
sont envoyées vers les serveurs de Windows 10 si vous n’avez pas pris
le temps de fouiller dans les options lors de l’installation du
système. En d’autres termes, si comme la plupart des utilisateurs vous
avez procédé à une « installation expresse ». Est-ce réparable ? Pas
vraiment. Toujours l'expert de Plixer, quand bien même vous prendriez le
temps de jeter un œil aux paramètres de sécurités, des données
transitent toujours. « Même après désactivé toutes les options que
j’ai pu trouver, j’ai remarqué que métadonnées étaient toujours envoyées
aux serveurs de Microsoft toutes les cinq minutes sous une connexion
HTTP à l’adresse ssw.live.com, via le port 80 » explique-t-il.
Et si de base ce type de connexion n'a pas vocation a être très
sécurisée, Patterson précise que dans ce cas précis, il n’a pas réussi à
en savoir plus les données envoyées. Le géant de Redmond a visiblement
très bien chiffré cette connexion ne faisant que renforcer les
spéculations de Patterson : Microsoft ne veut surtout pas que ses
utilisateurs en sachent plus sur ce qui est transféré. Dans les faits,
Microsoft pourrait justifier la collecte des données comme un outil pour
veiller au bon fonctionnement du système. Une sorte de télédiagnostic
qui existait déjà dans les précédentes versions de l’OS.
Des pratiques répandues
Vous en doutiez
encore ? Comme l’explique Mike Patterson, ce type de pratique est
monnaie courante. Lors de ses recherche, il a également identifié que
McAfee, pourtant éditeur d’un logiciel de sécurité, collecte lui aussi
des données vers ses serveurs. Celles-ci transitent via un DNS qui
contourne cette fois-ci tous les paramètres de sécurités des
ordinateurs. « Nous sommes d’accord que McAfee est à considérer
comme un éditeur amical, mais nous aimerions savoir ce qui est envoyé
aux serveurs […] et avoir la possibilité de désactiver l’envoi
d’informations » précise Patterson.
Avis également aux possesseurs de casque Plantronics, il semblerait que
le logiciel maison du constructeur envoie lui aussi des données via une
connexion HTTP chiffrée. Mais là encore, il est visiblement impossible
d’en connaître la teneur.
Si l’idée que des géants de l’informatique s’approprient vos données,
pour de bonnes ou de mauvaises raisons, vous agace au plus haut point,
vous pouvez toujours faire quelques recherches pour verrouiller au mieux
votre système. En l’occurrence, le site Winaero.com
explique comment configurer son pare-feu ou désactiver le fameux
télédiagnostic de Windows 10, quitte à mettre les doigts dans les clés
de registre. Mais il faudra alors faire très attention aux mauvaises
manipulations sous peine de mettre à mal le système d’exploitation ou
tout simplement créer une brèche de sécurité encore plus grave...
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